Cahier d'un Retour annoncé

le LUNDI 02 NOVEMBRE 2009

 
















La pièce  de théâtre Cahier d'un Retour annoncé  interprétée  par la Compagnie de la Ruche est en tournée en Guyane. La Compagnie de souche francilienne «exportée» en Guyane, s'est rapprochée de compagnies amies pour donner vie à la réalisation de ce projet interculturel. Y sont donc associées la Compagnie Feugham, du Cameroun, la Compagnie Théâtrale Guyanaise, et les Compagnies Falinga et Théâtr'Evasion du Burkina Faso, organisatrices des Récréatrales. La Commission Internationale du Théâtre Francophone est la première à avoir apporté un soutien financier.
Auteure et metteure en scène, Valérie GOMA (Guyane), est assistée de Kouam TAWA (Cameroun), dramaturge. Avec son regard critique et exigeant, il est l'intercesseur nécessaire entre le texte et le plateau.
Les personnages sont incarnés par : Yaya Bitang MBILE (Cameroun) ; Annka MUSY (France métropolitaine) ; Patrick MOREAU (Guyane) ; Roland ZELIAM (Guyane) ; Wakeu FOGAING (Cameroun).
Emmanuel DURO (Guyane), scénographe, est l'auteur de l'espace de la représentation. La création lumière et la direction technique sont assurées, dans la première phase de création, par Jacob BAMOGO (Burkina Faso), qui a été assisté, aux Récréatrales, par Lucien ISSA (Cameroun), cette création lumières est ensuite réinventée par Dominique BREMAUD (France métropolitaine) pour le Festival d’Avignon.
Le projet est administré par Marie-Laurence SAKAEL (Toulouse, France), chargée de production, administratrice de La Ruche pendant douze ans, puis par Cécilia COLOMB (Guadeloupe).
Le texte : Un texte né à Limoges à  l'occasion d'une résidence d'Ecriture au Festival des Francophonies de Limoges en 2002, d'abord intitulé « La peur du Noir », puis « Droits du Sol », le Cahier d'un Impossible Retour a vu le jour... Achevé en 2004, le texte a été sélectionné par le comité de lecture de l'Association Textes en Paroles sous la présidence de Diane Pavlovic, pour être offert au public guadeloupéen sous forme de lectures publiques en mai 2006.

Synopsis :En France, un jeune Noir à qui on vient de refuser le renouvellement de ses papiers d'identité part à la dérive, et les bras de Lisa ne l'empêchent pas de pleurer sa mère... Dans une autre région du monde, la Mère rêve de le revoir avant sa mort, et le soutien de sa belle-fille, Lilith, ne le console plus. A l'impossible retour de Djib répondra la démarche incongrue d'un Ami.
J’ai peur de ne plus rien trouver, j’ai peur, en arrivant là-bas, de ne trouver qu’un vieux pagne éculé sur une corde à linge, éculé oui, vidé de son cul et de toutes ses courbes. Pas le moindre pagne vivant, sali des odeurs de cuisine, où les mains de ma mère se seraient essuyées… J’ai peur de trouver un lit froid, une natte morte désertée. Une natte séchée et ça serait comme si je n’étais jamais venu au monde. Pas un ventre pour se souvenir de ma naissance.

 C'est sur la question de l'identité que s'est élaboré Cahier d'un Impossible Retour, plus exactement sur la combinaison de l'identité noire et de l'appartenance française. La pièce s'inscrit dans une démarche du sensible, dans la recherche d'une identité « vécue de l'intérieur » - certes nourrie du brouillage des représentations fallacieuses héritées de siècles d'histoire. S’agissant de « minorités visibles », comment évacuer les spectres de la spoliation et du déplacement forcé, dans un contexte de Droits de l’Homme qui peine à s’acquitter ici du devoir de mémoire ? S’agissant du Noir et du Blanc, antonymes autant qu’indissociables et complémentaires dans le monde qu’ils partagent, comment évacuer le manichéisme facile, le racisme banal ? Celles qu’on nomme crûment « minorités visibles » ont été longtemps tenues pour invisibles, méconnues, esquivées, déniées, réduites au silence. Penser, avec Sarrazac, le théâtre comme « surface de réparation » ?
Cahier d'un Impossible Retour s'est ébauché sur le fil, dans une écorchure générationnelle… Il en reste, tangible, bien au-delà de la question particulière, bientôt anecdotique, de la couleur, les vérités, bien solides, hélas, et permanentes, universelles, de l’exil économique, de la nécessaire circulation humaine entre les pays riches et les pays pauvres…

Le 3 novembre 2009 à Cayenne à l'hôtel de Région, le 4 novembre à Kourou ( pole culturel), le 6  à Grand Santi  et le 8 à Iracoubo à 19H00 à la Médiathèque G. Othily.

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